samedi 30 juillet 2016

Ce que les bibliothécaires (aoûtiens) emportent dans leur valise...

Vous avez flashé sur les coups de cœur qu'ont emportés avec eux les bibliothécaires partis en vacances en juillet ? Et bien découvrez sans plus attendre ce que vous réservent les aoûtiens !

Pour commencer rien ne vaut une bonne BD ! Cet été Aline partira avec Juliette :

"Je vais me ressourcer dans la petite ville du Jura où vit toute la famille de Juliette, qui est une jeune femme un peu perdue, angoissée, hypocondriaque. Je l’accompagnerai pendant ces quelques semaines où les souvenirs (et peut-être même un secret) vont resurgir, et où Juliette va faire de nouvelles rencontres… Je vais très bien m’entendre avec elle, c’est sûr, j’ai hâte de plonger dans son univers doux et coloré, moi qui ai déjà passé de super vacances avec Rosalie Blum il y a quelques années !"
Et puis fin août, je partirais en voyage au royaume du Demi-Loup, pour la sortie des Terres de l’Est, la suite de Véridienne. Ce ne sera pas une aventure de tout repos, le royaume étant coupé en deux depuis longtemps, en proie aux luttes de pouvoir, et ravagé par une maladie foudroyante qui se répand par l’eau… Mais il me tarde de retrouver les deux princesses et leurs trois Suivantes, avec qui j’ai énormément sympathisé, bien qu’elles soient un peu écervelées parfois ! Je voudrais également découvrir le secret que le roi cache au sujet du prince Aldemor… Ce seront des vacances intenses !"


Agnès R. quant à elle, commence par décompresser et tout oublier :

"Je m’immerge dans la nature, loin de la civilisation en compagnie des fourmis des papillons et des moutons, perchée dans les arbres ou installée au milieu des cailloux, dans les causses, dans le calcaire, dans la lumière, dans ce si majestueux paysage du sud Aveyron. Je pars avec Le jour de mon abandon d'Helena Ferrante et une envie de voir si ce texte est aussi percutant et inquiétant que Poupée volée. Je voyage également avec Françoise Chandernagor que j’adore, après La vie de Jude je me lance dans La voyageuse de nuit, dans l’intimité de quatre sœurs qui au chevet de leur mère échangent et s’interrogent sur leur passé, leur présent, leur vies. Et puis, parce que je viens de faire une escale en Cornouailles, j’emporte Une jeunesse à l’ombre de la lumière de Jean-Marie Rouard, pour une éclipse impromptue et subjective dans les milieux artistiques du début du 20ème siècle."


Clément préfère passer ses vacances seul... avec lui-même :


"J'suis pas vieux et j'ai encore droit de déjeuner seul ! Bon... Qui se cache derrière ce vieux solitaire ? Peut-être la jeune serveuse du restaurant qu'il fréquente tous les lundis ! Comment s'appelle-t-elle ? Elle dit qu'elle ne s'aime pas... Elle ne se trouve pas "femme", mais que manque-t-il à cette jolie serveuse !? Un grand-père ? Ça alors ! Le vieux qui déjeunait seul manquait justement d'une petite fille ! C'est vraiment incroyable. Derrière les années de Seconde et d'Après-Guerre mondiale qui l'ont empêché de fonder une famille, le vieux Clément tombe donc, presque au terme de sa vie, sur une petite-fille qui lui ressemble. Ensemble, ils fredonnent Charles Trenet ; ensemble, ils récitent Victor Hugo ; ensemble ils redécouvrent Gérard Philippe ! Quel bonheur que la petite ait manqué d'un grand-père et quel bonheur qu'elle ait des goûts de grand-père !

L'histoire parait bâclée, sertie de coïncidences toutes plus exceptionnelles les unes que les autres. Et pourtant, les protagonistes restent sourds aux archétypes, tant leur voix trouve un sens moral profond. Sous l'occupation, Clément résista, dans "l'armée des ombres", à la barbarie allemande. Aujourd'hui, le matricule de Birkenau l'accable mais la petite serveuse n'est jamais très loin. Il guidera ses jeunes jours, elle apaisera ses vieux jours... Au fond, peu importe combien le hasard irrigue ce roman. Sa magie est telle que je lui consens tous les raccourcis narratifs qu'il emprunte pour rendre hommage à la solitude de chacun. Clément et Clara. Leur passé parfaitement complémentaire et leur rencontre trop parfaite ne sont finalement qu'un prétexte pour excuser les blessures, la nature profonde de chacun. J'ai failli pleurer, à la fin. Me trouverai-je une Clara ? Qui sait si notre Médiathèque ne me réserve pas une petite surprise ! Cela dit, j'ai quand même hâte de retrouver mon short, mon transat et mon olivier... Ce n'est pas la garrigue qui m'empêchera de déjeuner seul et de prendre des leçons d'Histoire avec mon vieux-moi !"

Agnès G. a prévu d'arpenter la route de la résistance :

"Plutôt qu’une lecture de voyage, Au cœur de Fukushima a été le moteur du désir de me rendre à Bure début août. Avec une précision chirurgicale, ce manga documentaire décrit le quotidien des ouvriers chargés de décontaminer la zone de la Centrale après la catastrophe. Dosimètres, masques, protections viennent alourdir leur travail sans véritable assurance d’efficacité mais preuves de l’importance des dégâts et de l’incertitude sur leurs effets à long terme. Le récit très sobre puise sa force dans sa neutralité, il donne à voir et à penser sans commentaires superflus mais avec parfois une pointe d’humour. Cette lecture a fait écho aux nouvelles venues de Bure où le projet d’enfouissement de déchets radioactifs soulève des résistances de la population qui en appelle à la présence citoyenne #EtéDurgence. C’est en effet dans le sous-sol argileux de la Meuse, que doivent être creusés des dizaines de kilomètres de galeries à 500 mètres de profondeur pour accueillir 85 000 m3 de déchets radiotoxiques qui resteront dangereux pendant des dizaines, voire des centaines de milliers d’années.

Avant mon départ, une expédition à la cote 578 des documentaires adultes s’impose pour étoffer mes connaissances sur le sujet. Sans oublier ce petit manuel de désobéissance citoyenne à mettre au fond du sac... Au plaisir de vous y rencontrer ..."

Nicolas, lui, préfère prendre le temps de perdre son temps... :


Je sais pas vous mais moi je ne me sens vraiment en vacances qu’à la veille du départ : valises prêtes, frigo vidé, ordinateur éteint. Et dans mon salon qui me paraît soudain beaucoup moins familier (oui, rangé donc) j’aime bien amplifier ce prélude au dépaysement estival par le visionnage d’un bon vieux Godfrey Ho, le Max Pécas du film de ninjas. Parce que voyez-vous un film de Godfrey Ho, comme Clash Commando par exemple, c’est un billet pour l’inconnu, la manifestation d’une puissance créative unique au service d’un savoir-faire bien particulier et qui tient en ces quelques mots : incompétence et absence de moyens.

Godfrey Ho usine des longs-métrages avec trois francs six sous.
Godfrey Ho ne dispose pas de décors ni d’acteurs professionnels.
Godfrey Ho ignore de toute façon ce qu’est la direction d’acteur.
Godfrey Ho rend manifestement les doubleurs fous.
Godfrey Ho utilise les disques de sa collection en guise de bande son.
Godfrey Ho s’assoit gentiment sur la notion de droit d’auteur.
Godfrey Ho n’a aucune limite !

Oubliez les règles de vraisemblance, l’unité de ton, la beauté du geste ! Est-ce qu’on peut encore parler de cinéma ? Pas sûr. Moi, en tous cas, ce genre d’"expérience" me met dans les meilleures dispositions avant un voyage… Et d’ailleurs puisqu’on en parle figurez-vous que je comptais passer le temps du vol en bouquinant Nanarland : le livre des mauvais films sympathiques, où justement Godfrey Ho figure en bonne place. Ces vacances s’annoncent bien !

PS : Clash Commando fait partie d’un double-DVD sur lequel figurent également Ninja in Action et Ninja: American Warrior soit quatre heures de folie made in Godfrey Ho pour ouvrir bien grand les chakras.

Enfin pour Sandra c'est en gardant ses yeux d'enfants que l'on profite pleinement des vacances :

"Nous partons en Croatie, et le voyage en voiture sera long et chaud. Il faut bien se préparer : une valise remplie de patience et de bonne humeur pour 2000 km en voiture. N’étant pas très fan de lecture, ma fille préfère regarder des films. Donc, dans ma valise j’ai déjà sélectionné plusieurs films dont un qui date de 1964 et qui est considéré comme un chef d’œuvre de la cinématographie : Mary Poppins. Ce choix de film est probablement une envie inconsciente (si, si je vous assure que c’est inconscient) de garder ma fille encore un peu liée au monde merveilleux de l'enfance. Je trouve qu’elle grandit trop vite. Et pour être tout à fait honnête, moi aussi j’aime bien regarder les vieux films qui me rappellent une époque d’insouciances. Mary Poppins, nouvelle nurse arrive portée par le vent d’Est dans la famille Banks. Les parents sont trop occupés pour gérer les enfants, le père travaille dans une banque, la mère est féministe et passe son temps en réunions. Grâce à la magie, Mary Poppins réussira non seulement à amuser les enfants, mais aussi à changer leurs parents, qui s’occuperont davantage d’eux à la fin du film. Ce film musical aux cinq Oscars, mélange prises de vues réelles et animations.

 
Walt Disney a négocié pendant seize ans avec la romancière Pamele Lyndon Travers pour pouvoir acheter les droits et faire ce film pour le plus grand plaisir de ses deux filles qui en étaient de grands fans de nurse peu conventionnelle. Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille le film Dans l’ombre de Mary, sorti en 2014 avec Tom Hanks dans le rôle de Walt Disney et Emma Thomson dans le rôle de la romancière.

Avant de partir n’oubliez pas de mémoriser le mot magique que Mary Poppins utilise dans le film : Supercalifragilisticexpialidocious. Ce mot vous permettra de vous sortir d’une situation difficile et pourrait peut-être changer votre vie. D’ici là, bonnes vacances à tous !"


Nous espérons que vous avez pu faire le plein d'idées pour vos vacances et nous vous donnons rendez-vous à la réouverture le 16 août pour partager vos découvertes de l'été. Pour retrouver tous les documents glissés dans les valises des bibliothécaires, cliquez ici !

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