vendredi 23 décembre 2016

Retour sur... Les stagiaires de troisième s'emparent de la Médiathèque !

Accueillir cinq élèves de troisième pour leur stage à la Médiathèque c'est un peu accepter de devenir pendant cinq jours une cane suivie de près par ses cinq canetons. C'est mignon, attendrissant, enrichissant mais aussi très prenant ! Petite chronique d'une bibliothécaire-tutrice.



Beaucoup d'élèves de troisième nous sollicitent chaque année car ils souhaitent faire leur stage chez nous. Ils doivent sans doute se dire qu'ils pourront jouer aux jeux vidéo ou lire toute la journée... Et bien non jeunes gens ! Sachez-le, les stagiaires, nous, on les fait bosser dur : rangement, acquisitions, reclassement, accueil, interviews des bibliothécaires, point sur les marchés publics, étude approfondie de l'organigramme, visite en librairie, rédaction de post Facebook et d'article de blog, etc. Nous leur avions concocté une semaine plutôt chargée. Mais heureusement, pour les maintenir en bonne forme et ne pas les dégoûter, pour eux la cantine est gratuite et il y a des frites tous les jours !

Le mieux est sans doute de vous laisser découvrir ce qu'ils ont retenu de leur séjour à la Médiathèque :

"Durant la semaine du 13 au 17 décembre 2016, nous avons été accueillis par les membres de la Médiathèque. L’objectif de ce stage était de découvrir le monde du travail. Nous avons donc décidé de le faire dans le domaine de la Culture.

Les bibliothécaires (ainsi que le corps administratif) ont su nous faire découvrir, dans une ambiance agréable, les coulisses de la Médiathèque et ses modes de fonctionnement. Nous avons grandement profité de cette opportunité pour étudier ce qui se cache derrière cette institution qu’est la Médiathèque.

Nous avons eu accès, entre autres, à de nombreux services, tels que l’accueil public, la gestion d’un post Facebook, d’un article sur le blog et d’une liste d’acquisition de romans Ado. Nous avons aussi appris à ranger correctement les documents de la Médiathèque et le fonctionnement interne d’un service municipal.

Nous avons commencé par nous familiariser avec l’équipe : A. qui aime les licornes et les Lego, L. qui fait beaucoup de sarcasmes, etc. Nous avons été étonnés par l'organisation de formations pour adopter un vocabulaire adapté dans le cadre de la relation avec les publics.

En conclusion nous souhaiterions remercier toutes les personnes travaillant à la Médiathèque pour les connaissances qu’ils nous ont apportées tout au long de cette aventure."

Quel sérieux n'est-ce pas ?! Pour notre part nous avons été très heureux d'avoir des stagiaires aussi intéressés qui ont mené à bien toutes leurs missions avec beaucoup d'enthousiasme et nous ont fait des remarques et des réflexions très pertinentes.

Alors Marie, Maxime, Mehdi, Tiffany et Tomas, vous parlez certes fort mais vous avez mis la barre très haut. Recueillir un regard neuf et frais sur notre activité c'est toujours précieux pour un service public et nous sommes contents que vous ayez pu découvrir les coulisses de notre métier et participer à quelques-unes de nos missions. Finalement une semaine c'est presque trop court pour une maman canard !


                                                                         Ambre, bibliothécaire-tutrice

samedi 17 décembre 2016

Vu sur le Net pour les petits - Décembre 2016

L'hiver est arrivé, c’est le moment de se divertir au chaud et internet fourmille d’activités ! Nous en avons sélectionné quelques unes pour les plus jeunes. De quoi patienter en attendant le Père Noël...

  • "Les lettres volantes", un petit jeu pour apprendre à taper les lettres au clavier

Appuie sur les lettres du clavier correspondant à celles qui s’affichent :


http://www.jeux-flash-gratuits.biz/games/sunny-abc.swf


  • Un panier bien rempli

Le but du jeu : mettre 10 pommes dans le panier. Déplace l’oiseau sous le pommier pour attraper le fruit qui tombe puis vas ensuite le déposer dans le panier en cliquant dessus.


http://www.funbrain.com/playground/apple-catch/index.html#game

  • Les cochons volants

As-tu déjà vu un cochon voler ? Fais sauter les cochons de nuage en nuage :


http://www.funbrain.com/playground/when-pigs-fly/index.html#game

  • As-tu un bon sens de l'observation ?

Retrouve les objets cachés dans le décor en utilisant la lampe de poche :


http://www.jeux-flash-gratuits.biz/games/lights-out.swf


Aide la petite taupe à trouver son chemin vers la sortie :


http://www8.agame.com/mirror/flash/j/jeu5.swf

  • Teste tes réflexes !

Élimine les vilaines créatures oranges qui sortent des trous en leur  tapant dessus :

  
http://www.chemicalnine.com/edgar/swf/edgar_smacknbash.swf


  • Au fait, est-il besoin de te dire que Noël approche ?

Pars à la recherche des lutins qui se cachent pour ne pas travailler :


https://www.ziraf.com/jeux-en-ligne/218-ou-sont-les-lutins-%253F.html


Que dirais-tu de quelques coloriages spécial Noël ?


http://www.toupty.com/coloriage-en-ligne-noel.php?theme=coloriage-en-ligne-noel&nom=coloriage-en-ligne-noel04

A moins que tu ne préfères les puzzles....

 
http://www.toupty.com/puzzle-en-ligne-noel.html


Nous te souhaitons de joyeuses fêtes de fin d'année et te donnons rendez-vous en février pour une nouvelle sélection de sites ! 

Agnès G.

vendredi 18 novembre 2016

C'est dans la boîte !

Pour nous faire part de vos suggestions ou remarques, vous avez le choix : vous adresser à un bibliothécaire, envoyer un courriel ou encore nous contacter via Facebook et Twitter. Mais les adeptes du bon vieux crayon ne sont pas oubliés pour autant !

La boîte à idées, vous connaissez ?

Située sur la banque d'accueil, à l'entrée de la Médiathèque, elle n'attend que vous ! Chaque mois, nous lisons vos écrits et recensons les sujets abordés : suggestion d'achat, remarque sur l'usage du bâtiment, mise en place de nouveaux services, d'animations, etc. Les demandes peuvent être très variées. C'est un moyen permettant de vous exprimer anonymement (ou pas si vous souhaitez obtenir une réponse).

Et après ?

Les demandes sont réorientées vers les équipes concernées : les suggestions d’achat sont transmises aux bibliothécaires chargés d’acheter les documents. Les propositions de nouveaux services, d’animations ou d’améliorations sont remontées à l’équipe de direction.

Bien entendu, il ne s’agit pas d’une lampe magique : tous vos souhaits ne peuvent être exaucés. Cependant nous tenons compte de chaque remarque pour nous améliorer et vous proposer un service de qualité, à la hauteur de vos attentes.

La boîte aux pépites !

Nous avons constaté que les enfants en profitaient pour exprimer leurs plus grands désirs.
Morceaux choisis :

https://www.facebook.com/mediathequedesuresnes/photos/a.89145006419.119673.70911536419/10153616477901420/?type=3&theaterhttps://www.facebook.com/mediathequedesuresnes/photos/a.89145006419.119673.70911536419/10152919378986420/?type=3&theaterhttps://www.facebook.com/mediathequedesuresnes/photos/a.89145006419.119673.70911536419/10152499911906420/?type=3&theater

Le 1er prix ex-æquo est décerné à l'unanimité (on ne peut pas plaire à tout le monde) : 

https://www.facebook.com/mediathequedesuresnes/photos/a.89145006419.119673.70911536419/10152097378556420/?type=3&theaterhttps://www.facebook.com/mediathequedesuresnes/photos/a.89145006419.119673.70911536419/10151758218616420/?type=3&theater


Vous voyez que ce ne sont pas les idées qui manquent (!) alors exprimez-vous sans hésiter dans  notre boîte et contribuez à améliorer vos bibliothèques.


Giulia

mardi 8 novembre 2016

Vu sur le Net - Novembre 2016

Le mois débute avec Halloween, pour rester dans le ton et ne résistant pas à l’envie de vous faire (un peu) peur nous vous proposons des films courts d’animation dans un registre effrayant avec des sorcières et des monstres… Dans ce que nous avons repéré sur le net, il est aussi question d’héroïnes virtuelles qui prennent place dans le monde réel et bien sûr de jeux vidéo !

  • Panique algorithmique !

Grisebouille décrypte la notion d’algorithme en BD. Si vous cela ne vous parait pas très clair, et si vous avez envie de vous frotter à la programmation, vous pouvez encore vous inscrire à l’"atelier code" du 5 décembre en cliquant ici !

https://grisebouille.net/panique-algorithmique/


  • Avez-vous le sens du web marketing ?

Testez-vous avec ce jeu qui vous propose de faire les bons choix pour promouvoir une marque de céréales sur internet :

http://habilomedias.ca/sites/mediasmarts/files/games/coco-crounch/flash/start.html

  • Stop au harcèlement

Cette vidéo avec Vinz et Lou vous propose de vous pencher sur la question du harcèlement. Ils vous rappellent que les blagues par écran interposés blessent d’autant plus qu’elles ont un large public...




  • Wonder Woman ambassadrice pour l’égalité des sexes

L'ONU (Organisation des Nations Unis qui œuvre pour la paix mondiale) désigne le personnage de comics Wonder Woman comme ambassadrice honoraire pour la promotion du droit des femmes dans le monde.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=38350#.WCGMXPSj8wI

  • "Project diva X": une star virtuelle est née !

Hatsune Miku est un personnage aux cheveux turquoise qui s’exprime via une application de synthèse vocale et qui se produit même en concert ! Elle arrive en France dans un jeu vidéo basé sur la rythmique sur PS4.



  • A la poursuite de Routix !

Savez-vous déjouer les pièges de la circulation ? Voici un jeu pour vous tester. En choisissant le mode découverte vous n’avez pas à vous inscrire :


http://education.francetv.fr/matiere/education-civique/ce1/jeu/a-la-poursuite-de-routix-un-jeu-d-initiation-a-la-securite-routiere

  • Jouer avec Lego

Vous êtes fan de Lego ? Retrouvez une série de mini-jeux en ligne avec vos figurines favorites :

https://www.lego.com/fr-fr/games


  • La parabole des polygones

Saurez-vous bâtir une société heureuse ? Ces petites créatures aiment vivre dans une société diversifiée. Pour être contents ils doivent être à proximité de trois de leurs congénère de même couleur et de même forme mais pas plus ! A vous de les déplacer pour répondre à leurs désirs :

http://ncase.me/polygons-fr/


  • Une mémoire de garçon de café

Saurez-vous reconstituer les menus commandés ? Un entraînement cérébral ludique :

 http://www.tv5monde.com/cms/chaine-francophone/jeunesse/Entrainement-cerebral/p-26353-Garcon-SVP.htm


  • A présent sortez les bonbons et éteignez les lumières !

Un monstre rôde dans la maison la nuit pour s’immiscer dans les rêves des enfants :

https://www.onf.ca/selections/films-pour-halloween/lecture/?item=source-appel_du_monstre


Il n’est pas bon d’être le mari d’une sorcière capricieuse...

https://www.onf.ca/selections/films-pour-halloween/lecture/?item=source-au_pays_des_tetes


Pour info, il n'est pas trop tard pour apporter des bonbons à vos bibliothécaires préférés ;-) ... A bientôt !

Agnès G.

mercredi 2 novembre 2016

A la découverte des auteurs haïtiens - Ti coup d’œil sou Haïti 2016

Dans le cadre de la Solidarité Internationale, du 8 au 20 novembre, la douzième édition de « Ti coup d’œil sou Haïti » se déroule à la Médiathèque. Cette année les écrivains Haïtiens sont à l’honneur. A travers leurs textes, leurs sensibilités, le lieu d’où ils écrivent, Haïti sera notre invitée. 



Pour appréhender l’univers de chacun, nous vous convions le samedi 19 novembre à 14h30 à une conférence animée par Yves Chemla sur le littérature haïtienne, son histoire, ses écrivains et poètes. Yves Chemla est critique littéraire, il sera accompagné de Natacha Jeune Saintil, artiste et conteuse haïtienne qui lira des extraits d’ouvrages à haute voix. Cette rencontre sera suivie d’un débat. Les plus jeunes, quant à eux, retrouveront Natacha Jeune Saint il pour un spectacle de contes en français et en créole le 12 novembre à 14h30. A partir de 8 ans, les parents sont les bienvenus. Retrouvez tous ces rendez-vous et inscrivez-vous via la billetterie.









En attendant nous vous proposons quelques pistes de lectures :

Lyonel Trouillot, né à Port-au-Prince en 1956, est issu d'une famille d'avocats. Après des études de droit, sa passion pour la littérature le pousse vers une carrière d'écrivain et de poète. Yanvalou pour Charlie publié en 2009 aborde le registre de l'intimité et du sentimental tout en confirmant son engagement social. Avec un souffle rageur puissamment poétique, le récent Kannjawou chronique la vie d'un quartier populaire dans un Haïti occupé et dépossédé de son avenir. Se battant au service de la démocratie de son pays et de la résistance face à une dictature oppressante, il est également journaliste et professeur de littérature. La parabole du failli, roman intense sur l'amitié, a fait partie des bonnes surprises de la rentrée littéraire 2013. La richesse de son talent et de ses écrits le place parmi les grands auteurs francophones.
Lyonel Trouillot sera présent au cinéma le Capitole jeudi 17 novembre à 20h30 pour la projection de Port au Prince.


Né en 1926, René Depestre n’a jamais cessé d’écrire depuis l’âge de vingt ans. Impliqué jeune dans la vie politique de son pays, il a été incarcéré et a dû quitter tôt Haïti pour partir en exil dans divers pays, notamment à Paris où il fréquenta les poètes surréalistes français, puis à Cuba où il exerça d'importantes fonctions aux côtés de Fidel Castro et Che Guevara. Popa Singer, chronique autobiographique publiée cette année, décrit de façon cocasse et engagée la résistance de Popa, la vaillante matriarche, armée de sa seule machine à coudre Singer face à la montée du régime du tyran Duvalier dans les années 1950 à Haïti. Couronné à de nombreuses reprises, poète au long cours dans Rage de vivre, il vient de recevoir le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres de Littérature pour l’ensemble de son œuvre.

Gary Victor, originaire de Port-au-Prince, est écrivain mais également scénariste pour la télévision et la radio. Maudite éducation raconte dans un style incisif et puissant la découverte de soi et du sentiment amoureux. Avec Le sang et la mer, il nous fait découvrir les bidonvilles de Port au Prince où sévit un extrême dénuement. Épopée fantastique et quête initiatique, La piste des sortilèges aborde en un joyeux mélange le vaudou sous une langue drue et baroque. Portant un regard satirique sur la société haïtienne et s’attaquant aux racines des maux de l’île, dans un style novateur qui mêle imaginaire, humour et critique politique, il est l’un des romanciers contemporains les plus lus en Haïti.

Fils de diplomate, Jacques Stephen Alexis grandit dans un milieu où les discussions artistiques et le débat politique occupent une place centrale. Il étudie la médecine tout en embrassant parallèlement une carrière littéraire et fonde La Ruche, journal d'opposition. Emprisonné puis contraint à l'exil, il part à Paris. Son premier roman publié en 1955, Compère Général Soleil évoque à travers une écriture ciselée la perte de toute dignité face à l'exploitation des hommes. Son réalisme magique créole fait mouche dans Romancero aux étoiles, recueil de contes haïtiens. Fondateur du "Parti d'Entente Populaire", il tente en 1961 de rentrer de Cuba en Haïti pour organiser la lutte contre François Duvalier. Aussitôt capturé et probablement assassiné, il demeure un écrivain majeur de la littérature caribéenne et haïtienn.

Dany Laferrière, lui, est façonné par son enfance en Haïti et l’empreinte des femmes de sa famille, en particulier celle de sa grand-mère que l’on retrouvera dans nombre de ses romans. La dictature Duvalier le pousse à rejoindre le Québec où nait sa vocation d’écrivain et son premier grand succès Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer. Il écrit ce qu’il nomme une sorte d’autobiographie américaine à partir de ce premier roman qui se poursuit dans Le goût des jeunes filles, Comment conquérir l’Amérique en une seule nuit, Vers le Sud. L’interrogation de ce qu’est l’exil tient une place forte dans son œuvre. Membre de l'Académie française, Prix Médicis en 2009 pour le roman L'énigme du retour, Dany Laferrière est traduit dans le monde entier.

Yanick Lahens, née à Port-au-Prince en 1953, est une écrivaine engagée. Elle a participé par exemple à la création de la première résidence littéraire et artistique, à Port-Salut, ou encore à la création d’une bibliothèque qui porte son nom à Saint-Louis du Nord. Issue d’une famille très catholique, elle cherche aujourd’hui dans ses romans à casser les barrières entre les classes sociales, les quartiers, les ethnies. En 2014, elle obtient le Prix Femina pour son roman Bain de Lune, une belle saga familiale dans un village d’Haïti. Nous vous conseillons également Failles, un récit assez politique où elle évoque le séisme de 2010, et qui reste malheureusement d’une très grande actualité…


Jacques Roumain grandit dans une famille aisée et voyage beaucoup pendant ses études. Très engagé dans la résistance contre la présence américaine en Haïti, il fonde le parti communiste haïtien en 1934. Du fait de ses activités, il est contraint par le président Sténio Vincent à un exil de plusieurs années. Il rencontre de nombreux poètes et écrivains étrangers durant cette période. Décédé en 1944 à l’âge de 37 ans, il a surtout écrit de la poésie mais son titre le plus connu est Gouverneurs de la rosée, un roman poétique et lumineux, considéré comme un classique de la littérature antillaise, qui raconte l’union de paysans misérables contre l’oppression.

Makenzy Orcel, jeune poète et romancier de 33 ans, rédige son premier roman dans la rue après le séisme qui a ravagé Haïti en 2010. Les immortelles raconte de manière crue, presque brutale, le monde des prostituées de Port-au-Prince, l’apocalypse que représente le séisme, mais aussi la force de la vie. Remarqué par la critique, ce roman poignant écrit dans une belle langue a reçu le Prix Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres. Vous trouverez aussi quelques-uns des poèmes de Makenzy Orcel dans l’Anthologie de poésie haïtienne contemporaine dirigée par James Noël.

Peintre, musicien, poète et romancier, Frankétienne est un artiste antillais majeur, aujourd’hui âgé de 80 ans. Sous la dictature Duvalier, alors que de nombreux écrivains s’exilent, il choisit de rester en Haïti pour résister. Il est le co-fondateur du mouvement littéraire « spiraliste », qui prend naissance dans cette époque troublée. Il s’agit d’un renouvellement des formes traditionnelles d’écriture, d’un travail nouveau avec la langue, d’un autre modèle de création face à la réalité toujours en mouvement. Ultavocal, la première « spirale » de Frankétienne, est une œuvre d’art hybride qui mélange roman et poésie et qui raconte l’errance des haïtiens fuyant l’obscurantisme et la pauvreté.

Merveilleuse et inoubliable conteuse, née à Port au Prince, Mimi Barthélemy a récolté, révélé et écrit le répertoire traditionnel Haïtien, imprégné d’Afrique. Elle tricote ses contes entre créole et français. Sa langue et ses récits imagés et colorés sont sa marque de fabrique. A lire à haute voix : Le mariage de Pucette, pour connaitre le sort que cette petite puce reçu à la naissance, ou encore, l’espiègle petit conte Le lion qui avait mauvaise haleine dans lequel le lapin malin trouve un subterfuge pour échapper au roi de la forêt.

Artiste, écrivain et navigateur, Titouan Lamazou a sillonné le monde et relaté, dans ses carnets de voyages, ses rencontres. D’Haïti il célèbre, après un court rappel de l’histoire de l’ile, les artistes, les marins et l’étonnante diversité des bateaux et des cases. Dans Titouan en Haïti croquis, photos, peintures et dessins nous donnent à voir son Haïti.

Valérie Marin la Meslée est une journaliste littéraire française. Elle s’intéresse particulièrement aux cultures afro-caribéennes et a fait de nombreux voyages au Mali, au Tchad, au Sénégal… Dans Chérir Port-au-Prince, elle rend hommage à Haïti, où elle a séjourné à de nombreuses reprises entre 2007 et 2014. A travers le récit de ses voyages et de ses rencontres, elle souhaite faire connaître la vitalité et les richesses souvent ignorées de Port-au-Prince. Elle évoque les écrivains et la littérature haïtienne, qu’elle connaissait avant sa découverte de l’île, et qui la passionnent. 
Valérie Marin la Meslée sera présente à la rencontre littéraire du samedi 19 novembre, de 14h30 à 16h30, autour des auteurs haïtiens.

Nous espérons vous avoir donné envie de vous (re)plonger dans la littérature haïtienne et vous souhaitons de bonnes lectures...

 Aline, Fabienne et Agnès R.

jeudi 27 octobre 2016

Mardi cinéma "Voyage dans l'univers de Lewis Caroll"

Dans le cadre de la célébration du non-anniversaire d’Alice à la Médiathèque tout au long du mois d’octobre nous avons proposé, lors de ce nouveau « Mardi cinéma » une plongée dans l’œuvre de Lewis Carroll, professeur de mathématique et écrivain à succès. Ce fut l’occasion de constater que le cinéma s’empara certes très vite de l’univers foisonnant d’Alice mais que porter à l’écran les deux romans la mettant en scène (Alice au pays des merveilles, 1865 et De l’autre côté du miroir, 1871) se révélait être un exercice périlleux car l’œuvre carrollienne est complexe et foncièrement digressive. 

Au cours de cette soirée nous nous sommes évidemment intéressés aux adaptations cinématographiques d’Alice mais nous avons également cherché à montrer la diversité de l’héritage carrollien à travers une sélection de films développant des aspects et des thèmes présents dans ces romans.

  • Les adaptations cinématographiques d'Alice

Les dix adaptations cinématographiques d’Alice reflètent l’évolution du regard porté sur l’œuvre de Carroll et sur ce personnage plus profond qu’il n’y paraît au premier abord. Leur rapprochement montre aussi l’évolution des techniques cinématographiques et nous offre un panorama des différentes manières de transposer un roman au cinéma.

En 1903, soit seulement huit ans seulement après la naissance du cinéma, Alice est porté pour la première fois à l’écran dans un court-métrage de Cecil Hepworth et Percy Stow. Cette version nous propose une succession de tableaux vivants directement inspirés des dessins originaux de John Tenniel parus dans l’édition originale du roman. L’ambiance encore très victorienne du film lui confère un charme fou. Pour ce cinéma balbutiant, créant encore ses codes et ses techniques, la transposition d’Alice constituait un bon moyen de faire ses armes en matière d’illusions visuelles. Les réalisateurs ont en effet dû réaliser des trucages pour transposer sur l’écran certaines scènes du roman (comme les agrandissements et rétrécissements successifs d’Alice).



Dix ans plus tard Alice est de retour sur les écrans ! Dans cette troisième adaptation cinématographique nous retrouvons une version mélangeant des épisodes des deux romans de Lewis Carroll reprenant uniquement les passages les plus célèbres. Ce type d’adaptation, revenant à sacrifier des passages entiers du roman tout en cherchant à créer une illusion de fidélité, est souvent critiqué car elle peut dénaturer l’œuvre originale. Cette condensation est pourtant courante au cinéma (contrairement au théâtre où le texte se doit généralement d’être respecté) lorsque l’on passe du texte au scénario. Au visionnage de ce film de W. W. Young datant de 1915 nous nous trouvons confrontés aux contraintes techniques inhérentes au cinéma de cette époque. Dans cette production muette nous devons toujours nous contenter d’une caméra statique filmant des scènes mises simplement bout à bout. Aussi, malgré des trouvailles visuelles intéressantes, nous avons souvent l’impression de voir une Alice tournant en rond dans un bocal ! Le charme des scènes en extérieur, les costumes des personnages et les trucages en font un spectacle malgré tout agréable.


C’est ensuite la version de Norman McLeod, produite par la Paramount en 1933 qui a retenu notre attention. Cette seconde adaptation parlante, réalisée par un cinéaste ayant tourné avec les Marx Brothers, et scénarisé par Joseph L. Mankiewicz (futur grand réalisateur) rassemble en effet quelques grands acteurs d’Hollywood dans des rôles inattendus. Les cinéphiles noteront ainsi que Cary Grant (jouant la tortue à tête de vache) et Gary Cooper (le chevalier blanc maladroit) figuraient au générique…Si cette adaptation se démarque visuellement des précédentes, on y retrouve sans grande surprise toutes les scènes désormais cultes d’Alice (le chapelier fou et son thé permanent, la reine de cœur qui joue au cricket avec des flamands roses, la chenille qui fume un narguilé, etc.). On ne peut que constater une très forte filiation dans les adaptations cinématographiques d’Alice alors que les romans de Carroll se caractérisent un univers foisonnant offrant a priori des possibilités pour les réalisateurs de se démarquer. Mais peut-être que la crainte de déplaire à la critiques et aux très nombreux fans bercés par Alice les ont poussé à la prudence… L'intérêt du film de McLeod en lui-même est assez limité mais il reflète bien certains aspects de la production pendant l’âge d’or du cinéma américain. Entièrement tourné en studio, le Alice de la Paramount disposait de moyens conséquents. Le fait que tous les personnages fantastiques soient interprétés par de véritables acteurs en costume donne au film un côté théâtral, désuet mais plaisant. Cependant cette version vaut surtout aujourd’hui par l’influence qu’elle a pu avoir sur l’imaginaire collectif entourant Alice ; Disney et Burton, n’hésiteront d’ailleurs pas à reproduire presque à l’identique certaines de ses scènes. La principale limite du film demeure sans doute d’avoir quelque peu « aseptisée » le personnage d’Alice. Chez Carroll celle-ci fait preuve d’esprit critique (corrigeant ou remettant en cause systématiquement les propos tenus par les êtres qu’elles croisent) alors qu’ici nous avons bien souvent l’impression de suivre le parcours d’une petite fille sage s'étonnant simplement des bizarreries du pays merveilleux. Le côté subversif traversant l’œuvre carrollienne est estompé avec cette Alice qui accepte trop largement ce qu’elle voit et ce qu’on lui raconte...


Petit détour par le cinéma d’animation avec la version disneyenne d’Alice. Après avoir lancé en vain trois projets d’adaptation ce n’est qu’en 1951 que les studios Disney livrent leur vision de l’œuvre de Lewis Carroll. Le film est critiqué dès sa sortie pour son manque de cohérence dû à ses nombreuses séquences digressives. Face aux nombreux personnages loufoques, la pauvre Alice ne parvient pas vraiment à susciter l’empathie chez le spectateur. Plus gênant encore elle perd, de nouveau, l’une de ses caractéristiques majeures : dans les romans elle est perpétuellement en porte-à-faux dans le monde des merveilles (soit trop grande, soit trop petite, elle se comporte à rebours de ce qu’il conviendrait, etc.) pour autant elle en a conscience et se montre hardie et rebelle. Ici nous suivons le périple d'une Alice peu volontaire faisant du tourisme au pays des merveilles... Si le succès au box-office n’est pas au rendez-vous lors de la sortie, on constate cependant un inattendu regain d’intérêt pour le film parmi les adolescents de la fin des années 1960. En effet, ceux-ci découvrent que le film de Disney ressemble étrangement à un trip sous acide avec ses champignons magiques, ses personnages tout droit sortis d’un asile psychiatrique et son esthétique hallucinée. Massivement projeté sur les campus américains, cette Alice inspirera même White Rabbit la très psychédélique chanson du groupe américain Jefferson Airplane (retrouvez ici les paroles et leur traduction).


Plus exotique et méconnu (car inédit en France jusqu’en 2016 !) Alice a eu droit aussi à sa version comédie musicale disco ! Nous retrouvons dans cette production polonaise, tournée à la fin des années 1970, des acteurs de premier plan (Jean-Pierre Cassel, Sophie Barjac, Susanna York, etc.) qui interprètent des personnages présents dans les romans de Carroll mais dont ils ne reprennent que les noms et les principaux traits de caractère (Alice est candide, le lapin est excité, la reine est cruelle…). Sorti en Pologne en 1982 le film est devenu immédiatement culte (plus de 300.000 albums de la bande originale ont été vendus) et a fait soufflé un vent de liberté sous le régime communiste du général Jaruzelski qui interdit la même année le syndicat Solidarnosc, dirigé par Lech Walesa, provoquant partout en Pologne de violentes manifestations.



Pour conclure notre séquence sur les adaptations cinématographiques d’Alice nous avons choisi de mettre en parallèle deux films à première vue très différents : Alice de Jan Švankmajer (1988) et Alice au pays des merveilles de Tim Burton (2010). En effet, le réalisateur tchèque est un maître de l’animation traditionnelle, Burton (version Disney) est quant à lui dopé aux effets spéciaux numériques. Leur approche de l’œuvre de Carroll diffère également : le premier nous propose une adaptation presque littéraire du roman et nous fait entendre, via la bouche d’Alice, le texte original quand Burton créé une histoire originale. Pourtant ces deux réalisateurs nous entraînent tous deux dans un monde cauchemardesque où ils exposent le difficile passage à l’âge adulte. Les deux artistes proposent aussi une vision très habitée de l’œuvre de Carroll. Švankmajer mélange de multiples supports (marionnettes, animaux empaillés, objets…) et accorde une grande place à l’irrationnel et à la fantasmagorie dans cette adaptation. Avec une grande économie de moyens il développe une atmosphère inquiétante et oppressante. À l'inverse, dans la version Burton la débauche d’effets spéciaux étouffe des personnages trop peu incarnés. Notons également que dans cet Alice, plus que chez Carroll, l’ordre règne finalement en maître ; à la fin de l’aventure, Alice refuse certes un mariage arrangé mais elle s’affirme comme une business woman visionnaire souhaitant développer le commerce avec la Chine !

À travers ces deux versions nous constatons aussi une grande variation dans l’âge du personnage principal. Chez Švankmajer Alice a environ 8 ans, chez Burton elle est une jeune femme qui retourne au pays des merveilles 10 ans après son premier voyage. C’est le grand illustrateur Arthur Rackham qui le premier, en 1907, représenta Alice sous les traits d’une jeune fille éthérée et qui l’assimila au mouvement romantique. Dès lors l’œuvre de Carroll a pu être vue comme une illustration du dilemme de l’adolescence chez l’héroïne prise entre les responsabilités de l’âge adulte (par son esprit critique) et les émois de l’enfance (Alice pleure à chaudes larmes lorsqu’elle est triste). Burton comme Švankmajer s’inscrivent également dans une vision « nocturne » ( ou crépusculaire) d’Alice. Cette vision (qui tend à se développer ces derniers temps) pourrait s’expliquer par le fait que Carroll base certains dialogues et épisodes de ces romans sur des détournements et des jeux sur les connaissances mathématiques, musicales ou géographiques enseignés à l’école primaire sous la reine Victoria. Mais tandis qu’évoluaient les acquis scolaires des tout-petits, les nombreuses références manipulées par les personnages dans Alice sont devenues incompréhensibles (surtout pour les non-anglophones) et donc inquiétantes. Alice devint alors, pour ses nouveaux lecteurs, étrange voire gothique !




  • L'héritage et l'influence de Lewis Carroll au cinéma

Porter Alice à l’écran constitue, nous l’avons vu, un véritable défi. Mais au-delà des adaptations cinématographiques d’Alice qui ont contribué à diffuser largement son image auprès d’un large public, nous constatons que l’influence de Carroll déborde largement ces seuls films. Les films que nous avons choisi de vous présenter ici font écho à l’œuvre de Carroll dans leurs thématiques et leurs recherches artistiques ou formelles.

Le voyage cinématographique commence avec des cinéastes plaçant le rêve, l’irrationnel ou le jeu au cœur de leurs créations pour questionner l’ordre établi. Nous l’avons déjà dit, Carroll connut le succès de son vivant au Royaume-Uni, mais en France c’est sous l’influence des artistes surréalistes qu’il a acquis une véritable reconnaissance dans les années 1930. Pourquoi ? A une époque où l’attrait nouveau pour la psychanalyse ouvrait Alice à une multiplicité d’interprétations (pour un public aussi bien adulte qu’enfant), les auteurs surréalistes ont salué dans l’œuvre de Carroll le pouvoir accordé à l’imagination allant à l’encontre des conventions et de l’ordre établi.
Lorsque l’on parle de surréalisme et de cinéma, très vite vient à l’esprit le film de Luis Buñuel Un Chien andalou. Ce film déroutant expose principalement les relations violentes et difficiles entre un homme et une femme dans des lieux et des époques différentes. Dans le film, les objets et des personnages inattendus apparaissent et disparaissent, laissant le spectateur libre de leur attribuer une part de réalité, d'imagination, ou de souvenir. On remarquera aussi la présence de symboles propres aux tableaux de Dali (qui coécrivit le scénario) : les pianos par exemple symbolisent la bourgeoisie, honnie des surréalistes. Dans l'extrait suivant, la figure de l’homme traînant un piano encombré d’ânes morts renvoie à l'ensemble des valeurs de la bourgeoisie qui inhibent le héros du film et le contraignent dans son entreprise de séduction.



Notons également chez Carroll une grande porosité entre le monde réel et celui de l’imaginaire : les personnages que retrouve Alice dans le pays des merveilles font ainsi écho par exemple à des proches de la véritable Alice Lidell qui inspira le romancier. Cette relation particulière à la réalité se retrouve dans le cinéma fantastique et plus particulièrement chez Jean Cocteau dans son adaptation du conte classique de madame Leprince de Beaumont : La Belle et la bête. Dans ce film nous distinguons deux mondes perméables mais distincts, séparés non pas ici par un terrier mais par une vaste forêt : celui de la réalité (la maison ordinaire du marchand) et celui du merveilleux où tout est possible (le château enchanté). Réalisé en 1946, dans le difficile contexte de l’après Seconde Guerre Mondiale, Jean Cocteau réussit à transposer de la poésie sur pellicule grâce à la magie de son langage cinématographique. Cette libre adaptation nous ouvre les portes du merveilleux sans effets poétiques faciles...



Changement complet d’ambiance et d’époque pour nous intéresser à l’un des autres aspects les plus marquants de l’œuvre de Carroll : le goût pour les jeux de mots et de logique. Carroll développe dans ses dialogues des jeux avec le langage notamment par le biais du fameux nonsense dans lequel l’auteur laisse espérer au lecteur une explication logique face à une situation avant de le tromper en terminant le raisonnement de manière incongrue. Carroll s’inscrit ici dans la tradition des jeux verbaux, des chansons et devinettes. Mais il se montre plus audacieux car ses nonsenses ne créent pas de l’absurde (c’est à dire de l’absence de sens), au contraire ces rapprochements créent du sens, et nous donnent à voir une nouvelle réalité incongrue. Malmenant le discours, il démantèle son raisonnement et rend ainsi douteux le langage et par la même occasion la logique. Ce jeu carrollien sur le langage, pour créer l’étonnement et en faire découler du sens, peut trouver un écho dans les expérimentations littéraires de l’Oulipo. En effet, les écrivains et mathématiciens de l’Ouvroir de littérature potentielle vont eux-aussi aller très loin dans leur jeu avec le langage en inventant et expérimentant des contraintes littéraires nouvelles. L’un des plus célèbres d’entre eux, Raymond Queneau, sort en 1959 Zazie dans le métro qui remporte un beau succès. Dans ce roman l’écrivain réinvente le langage (et créé un néo-français plus proche du langage parlé qu’écrit) et fait souffler un vent d’insolence, d’absurdité et de liberté qui suscitent chez le cinéaste Louis Malle l’envie d’en faire autant avec le langage cinématographique. Dans cette parodie burlesque du roman d’apprentissage l’héroïne fait preuve d’un caractère frondeur et d’un esprit critique acéré. Terriblement sûre d’elle, lucide et têtue face à l’inconnu, Zazie incarne une jeunesse qui a soif d'apprendre, et de comprendre. Quand on lui présente le monde comme ordonné, Zazie (comme Alice) ne se contente pas des apparences, mais préfère vérifier par elle-même et révèle alors le désordre ambiant ! Guidée à travers Paris par son oncle Gabriel, elle ignore la politesse et pose tout au long de ses aventures plein de questions et cherche tout au long de son périple à voir ce fameux métro qui lui échappe.


Alice au pays des merveilles et De l’autre côté du miroir comportent donc des éléments propres au roman initiatique : on note une progression du personnage d’Alice au sortir de ses aventures et des épreuves qu’elle doit affronter. Face à un univers hostile et angoissant la jeune fille ne peut s’en remettre qu’à elle-même pour s’en sortir. De nombreux films, à destination des enfants ou des adultes, se basent sur ce schéma classique parmi lesquels les trois que nous avons sélectionnés.

Dans Alice au pays des merveilles Carroll dénonce, sur le mode du conte satyrique, le modèle éducatif anglais de l’époque (basé sur la récitation et l’apprentissage par cœur) mais aussi la très moraliste et sévère société victorienne. Si dans Alice la critique sociale reste assez secondaire, d’autres œuvres romanesques du XIXe s. se montrent plus virulentes pour dénoncer la cruauté dont sont victimes les plus faibles à l’époque de la révolution industrielle. C’est le cas par exemple des œuvres de Dickens, qui ont nourri l’imaginaire de plusieurs générations d’enfants et témoignent des aspects les plus sombres du capitalisme naissant sous le règne de Victoria. Cela est bien restitué dans l’adaptation cinématographique de 1948 par David Lean. Ce classique de grande qualité propose une reconstitution très minutieuse et une abondance de personnages lui permettant de bien transcrire la richesse des pages de Dickens. Notons que Sir Alec Guinness, l’un des plus grands acteurs britanniques, y interprète le rôle de l’ignoble Fagin.


Film moins connu, mais tout aussi remarquable, nous avions choisi de projeter un extrait de Nocturnes (2006) d’Henry Colomer dans lequel nous suivons un jeune garçon qui voit son quotidien subitement troublé par l’engagement de son père dans l'armée. Face à cette réalité anxiogène, il se réfugie dans son imagination. Dans ce film délicat et contemplatif les souvenirs objectifs se mélangent avec ceux subjectifs, les fantasmes se mêlent à la réalité... comme dans Alice.

Enfin nous avons retenu la transposition d’une autre œuvre culte de la littérature pour enfants : Max et les maximonstres de Maurice Sendak. Adapter une œuvre ayant bercé l’enfance de milliers de personnes est, comme nous l’avons vu, un exercice périlleux. Pourtant la proposition du réalisateur Spike Jonze est une vraie réussite ! L’esprit originel du livre de Maurice Sendak est bien présent dans ce film qui met en images la sauvagerie enfantine de Max. Dans le film nous retrouvons donc l’apparence physique des personnages du livre mais aussi son esprit et ses valeurs. Chacun des monstres est doté d’une personnalité propre et complexe avec une part de mystère assez inquiétante (impulsivité, jalousie…). Jonze livre un film où les sentiments de solitude ou d’injustice du héros prennent magnifiquement forme. Dans ce monde tour à tour lumineux et sombre, Max, le jeune héros explore sa propre brutalité. Nommé roi des monstres il doit diriger la communauté et doit assumer des responsabilités proches de adultes. Cette expérience lui permet de comprendre en miroir sa mère. De ce voyage fantastique aux pays des monstres Max reviendra, comme Alice, plus mûr.



Pour démontrer la formidable pérennité de l’œuvre de Carroll et son influence dans la production artistique récente nous avons choisi de conclure notre voyage cinématographique par une incursion dans deux genre très différents : le thriller psychologique à tendance horrifique et le ballet !

Nous l’avons dit Alice est volontiers associée aujourd’hui au cauchemar. Preuve en est avec le film Donnie Darko qui compte parmi les films fantastiques marquants des années 2000. Nous y suivons l'histoire d’un adolescent en marge, Donnie Darko, intelligent mais perturbé. Souffrant de schizophrène paranoïaque il a un ami imaginaire : Frank, un lapin géant au visage effrayant qui est une référence explicite au célèbre lapin blanc d’Alice. En effet, Franck guide Denis de l’autre côté du miroir et le pousse à commettre durant ses rêves à commettre des actes violents. Donnie Darko démontre le basculement durable de l’univers carrollien dans celui du morbide et de l’horreur...


Pour terminer sur une note plus légère, petit tour du côté l’Opéra royal de Londres avec Alice in Wonderland, une création de Christopher Wheeldon produite en 2011. Cette transposition en ballet propose un spectacle dynamique et teinté de burlesque. Nous y retrouvons tous les personnages du roman dont, bien évidemment, la redoutable reine rouge semant la terreur au sein de sa cour :



À l’issue de ce périple cinématographique, nous espérons vous avoir donné envie de vous (re)plonger dans l’œuvre de Lewis Carroll ou dans l’un de ces films que vous pouvez retrouver ici. Pour le prochain "Mardi cinéma" du 13 décembre consacré au cinéma policier français, nous recevrons un hôte de marque : le directeur de collection et critique de cinéma François Guérif. Inscriptions gratuites à partir du 13 novembre sur cette page ! À bientôt !

Jean-Guy et Quentin

mercredi 19 octobre 2016

Vu sur le Net pour les petits - Octobre 2016

Brrrr, le froid est arrivé… Nous t’avons préparé un choix de jeux pour te distraire devant l’ordinateur si tu ne peux pas sortir ! Tu pourras aussi tester les réalisations des jeunes qui ont participé à l’atelier de la Médiathèque pour la Code Week. En attendant de pouvoir venir programmer à ton tour...

  • Le bonhomme tombé de la lune est prêt pour l’aventure

Clique d'abord sur les objets pour dégager le passage, puis ensuite sur le bonhomme pour le faire avancer :

http://fr.y8.com/games/fallen_from_the_moon

  • Aide Winnie l’Ourson et ses amis 

L'affreux Backson a enlevé Jean-Christophe ! Winnie a besoin de ton aide pour le piéger :

//jeux.disney.fr/winnie-l-ourson-la-chasse-au-backson


  • C’est toi l’artiste ! 

C'est à toi de jouer, donne des couleurs à ce dessin :

 http://www.coloriages.biz/coloriage_1.swf

  • Lire ce n'est pas si compliqué

Reconstitue le mot affiché sous l'image en cliquant sur les bonnes lettres placées dans les nichoirs de l'arbre :


  • Tfo

Tfo propose un ensemble de jeux futés pour les petits malins. Découvre-les vite :



http://www.tfo.org/fr/mini-tfo/jeux



  • Mais où est mon ombre ?

Aide les fantômes à retrouver leur ombre pour fêter Halloween :

https://www.ziraf.com/jeux-en-ligne/272-petits-fantomes-no.html

  • Connais-tu la comptine des crocodiles ?

Si tu veux retrouver la chaleur des rayons du soleil, écoute la comptine des crocodiles :





  • Retour sur la Code Week 2016 

Le samedi 15 octobre la Médiathèque a proposé à 12 jeunes de s'initier à la programmation informatique en réalisant des petits jeux sur le logiciel libre Scratch.

Tu peux t’amuser à tester quelques unes de leurs réalisations ! Merci à Raphaëlle, Victor, Adrien, Théophile, etc. qui ont bien voulu partager leurs travaux :

Une histoire de gentils fantômes pour préparer Halloween...
Essaye le flipper d'Adrien !


Agnès G.

samedi 1 octobre 2016

Vu sur le Net - Octobre 2016

Votre "Vu sur le net" est de retour avec des jeux plus ou moins sérieux, des bandes dessinées à lire en ligne, une pincée d’éducation numérique et quelques "geekeries". 

  • Le coin des gamers

Explosez les scores sur Fifa ! Abdoulaye Sarr, de la bibliothèque Vaclav Havel à Paris et ancien joueur semi pro, vous explique comment tirer un coup franc imparable sur Fifa :




Remontez le temps à la recherche des dinosaures avec ce jeu conçu par le Muséum d’histoires naturelles de Paris :

Remontee dans le temps

  • Sauvez les lemmings !

Les lemmings vous connaissez ? Ce sont de charmants rongeurs vivant dans les régions arctiques. À vous de les sauver en les guidant vers leur terrier. Surtout essayez de n’en perdre aucun ! Un remake d’un classique du jeu vidéo des années 1990. Au lancement du jeu choisir l’option “Local save” pour jouer sans être identifié.

lemmings

  • Assurez-vous en algèbre ?

Dans Trullo il s’agit d’obtenir les sommes indiquées sur les bords du carré. Cliquez sur les chiffres à éliminer pour obtenir le total :

http://www.kongregate.com/games/Crescentyr/rullo

  • Plutôt envie de buller ?

Nous vous proposons des bandes dessinées en ligne à découvrir sans tarder. Ces jeunes auteurs diffusent leurs travaux librement pour se faire connaître. Alors si vous appréciez, ne manquez pas de le dire dans les commentaires pour le faire savoir :

- Pepper & Carrot est une histoire de sorcière et de potion magique. Elle met également en scène un chat malicieux.... Craquant !

Pepper et carrot
 
- Dans Le changement climatique expliqué aux grenouilles, Camille Bissuel, un jeune auteur, vous propose une petite fable humoristique sur le climat.

 
Changement climatique

  • Êtes-vous "addict" à Facebook, Twitter, Snapchat et autres ?

 

Cette vidéo en stop motion vous informe sur l’addiction aux réseaux sociaux :

 


Alors vous pensez être accro ? Nous vous proposons ce petit test pour y voir plus clair :


http://www.groomlemag.com/galerie-voir.php?id=8


  • Quelques "geekeries" pour terminer en beauté

Voici un montage des effets spéciaux utilisés dans le dernier Star Wars, Le réveil de la Force :







La programmation informatique vous intéresse ? Avec les Sépas (ces étranges créatures d’une autre planète) découvrez ce qu’est un algorithme. Une vidéo réalisée par l’INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique) qui vous fera patienter en attendant de passer vous-même au clavier lors de notre atelier du 15 octobre pour la Code Week 2016. Vous pouvez dès à présent réserver vos places !


Sepas les algorithmes

J'espère que ça vous a plu et vous dis à bientôt !

Agnès G. 

mardi 27 septembre 2016

Rentrée littéraire : venez faire le plein de romans !

La rentrée littéraire a commencé il y a plus d’un mois et va durer encore jusqu’en octobre. Le 18 août, le libraire de Vincennes Pascal Thuot était invité sur France Inter pour présenter cette édition 2016 qui s’annonçait riche…  et qui semble tenir ses promesses depuis ! 

Véritable institution en France, c’est une grande opération marketing parfois critiquée mais qui a le mérite de mettre les romans au cœur de l’espace médiatique et de fédérer autour de la littérature, comme l’analyse ce récent article du Point. La rentrée littéraire annonce aussi le début de la course aux prix littéraires. L’académie Goncourt a d’ailleurs dévoilé sa première sélection dès le 6 septembre. Au total, ce sont 560 nouveaux romans qui paraissent cette année, dont 197 traductions de l’étranger. De quoi s’occuper ! D'ailleurs contrairement à ce que l'on dit souvent, les français lisent encore des livres. Et c'est toujours la littérature qui se vend le plus, devant les livres pour enfants. Faites-vous partie des accros de lecture ? Pour le savoir, faites le test !


On remarque cet automne que les romans s’emparent de l’actualité. La littérature semble en phase avec notre monde troublé. À leur façon, avec des fictions, les écrivains nous aident à penser notre société, à nous faire nos propres opinions, à réfléchir en nous mettant à la place de personnages qui ne nous ressemblent pas.

Dans un roman réaliste intitulé Ce vain combat que tu livres au monde, où se mêlent la petite et la grande histoire, Fouad Laroui raconte le basculement d’un ingénieur d’origine marocaine dans l’extrémisme religieux. Dans Ni le feu ni la foudre, Julien Suaudeau invente, de son côté, le destin de cinq parisiens très différents qui vont se rendre à un concert le soir du massacre au Bataclan… Événements traumatisants de cette année, les attentats sont aussi évoqués par Laurence Tardieu dans À la fin le silence ou par Eric-Emmanuel Schmitt dans L’Homme qui voyait à travers les visages.

C’est d’un autre sujet dont s’empare Emma-Jane Kirby : celui des migrants qui se noient en Méditerranée, fuyant leurs pays. Dans L’opticien de Lampedusa, elle décrit l’éveil d’une conscience, celle d’un homme très ordinaire qui découvre des personnes en train de se noyer lors d’une sortie en bateau autour de sa jolie petite île…

L’italien Niccolo Ammaniti, avec Anna, et la canadienne Emily St John Mandel, avec Station eleven, imaginent quant à eux ce que deviendrait notre civilisation si une pandémie mondiale décimait la population. Chacun à leur façon, ils nous livrent deux romans troublants. Enfin, c’est aussi un futur assez sombre qu’imagine Chloé Delaume dans Les sorcières de la République, où une révolution menée par un cercle de femmes entre 2017 et 2020 a complètement dégénéré. Avec de l’humour et du suspense, ce récit féroce interpelle !


La rentrée littéraire offre toujours un choix très varié de romans. C’est tout l’intérêt de cette grande fête du livre ! Le succès des conférences d’histoire de l’art de la Médiathèque nous indique qu’un certain nombre de nos visiteurs sont des amateurs d’art. Ils trouveront cette année plusieurs romans qui ne manqueront pas de les intéresser. Citons par exemple La valse des arbres et du ciel où Jean-Michel Guenassia invente les derniers jours de Vincent Van Gogh, Deux remords de Claude Monet où Michel Bernard raconte une partie de la vie de Monet et évoque plusieurs de ces tableaux, et L’indolente, de Françoise Cloarec, centré sur la mystérieuse Marthe Bonnard, l’épouse du peintre Pierre Bonnard.

Nous renvoyons les amateurs de romans policiers et d’histoires criminelles, nombreux aussi à Suresnes, vers cette petite sélection d’Europe 1.

Et pour finir, un conseil de bibliothécaire en avant-première : Petit pays, le premier livre du rappeur franco-rwandais Gaël Faye, qui a déjà reçu le Prix du roman Fnac. C'est une histoire à la fois sombre et lumineuse, d’influence autobiographique, au cœur de ce tout petit pays qu'est le Burundi. Vous ne tarderez pas à le trouver à la Médiathèque ! Vous pouvez écouter le dernier album de Gaël Faye en attendant.


Une première vague de romans a déjà déferlé sur la Médiathèque et une deuxième ne va pas tarder. (Mais nous ne pouvons pas acheter les 560 parutions !) Pour être sûr de ne rien manquer, retrouvez ici la liste de toutes les nouveautés au fur et à mesure de leurs arrivées en rayon.

Bonnes lectures à tous !

Aline