mercredi 2 novembre 2016

A la découverte des auteurs haïtiens - Ti coup d’œil sou Haïti 2016

Dans le cadre de la Solidarité Internationale, du 8 au 20 novembre, la douzième édition de « Ti coup d’œil sou Haïti » se déroule à la Médiathèque. Cette année les écrivains Haïtiens sont à l’honneur. A travers leurs textes, leurs sensibilités, le lieu d’où ils écrivent, Haïti sera notre invitée. 



Pour appréhender l’univers de chacun, nous vous convions le samedi 19 novembre à 14h30 à une conférence animée par Yves Chemla sur le littérature haïtienne, son histoire, ses écrivains et poètes. Yves Chemla est critique littéraire, il sera accompagné de Natacha Jeune Saintil, artiste et conteuse haïtienne qui lira des extraits d’ouvrages à haute voix. Cette rencontre sera suivie d’un débat. Les plus jeunes, quant à eux, retrouveront Natacha Jeune Saint il pour un spectacle de contes en français et en créole le 12 novembre à 14h30. A partir de 8 ans, les parents sont les bienvenus. Retrouvez tous ces rendez-vous et inscrivez-vous via la billetterie.









En attendant nous vous proposons quelques pistes de lectures :

Lyonel Trouillot, né à Port-au-Prince en 1956, est issu d'une famille d'avocats. Après des études de droit, sa passion pour la littérature le pousse vers une carrière d'écrivain et de poète. Yanvalou pour Charlie publié en 2009 aborde le registre de l'intimité et du sentimental tout en confirmant son engagement social. Avec un souffle rageur puissamment poétique, le récent Kannjawou chronique la vie d'un quartier populaire dans un Haïti occupé et dépossédé de son avenir. Se battant au service de la démocratie de son pays et de la résistance face à une dictature oppressante, il est également journaliste et professeur de littérature. La parabole du failli, roman intense sur l'amitié, a fait partie des bonnes surprises de la rentrée littéraire 2013. La richesse de son talent et de ses écrits le place parmi les grands auteurs francophones.
Lyonel Trouillot sera présent au cinéma le Capitole jeudi 17 novembre à 20h30 pour la projection de Port au Prince.


Né en 1926, René Depestre n’a jamais cessé d’écrire depuis l’âge de vingt ans. Impliqué jeune dans la vie politique de son pays, il a été incarcéré et a dû quitter tôt Haïti pour partir en exil dans divers pays, notamment à Paris où il fréquenta les poètes surréalistes français, puis à Cuba où il exerça d'importantes fonctions aux côtés de Fidel Castro et Che Guevara. Popa Singer, chronique autobiographique publiée cette année, décrit de façon cocasse et engagée la résistance de Popa, la vaillante matriarche, armée de sa seule machine à coudre Singer face à la montée du régime du tyran Duvalier dans les années 1950 à Haïti. Couronné à de nombreuses reprises, poète au long cours dans Rage de vivre, il vient de recevoir le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres de Littérature pour l’ensemble de son œuvre.

Gary Victor, originaire de Port-au-Prince, est écrivain mais également scénariste pour la télévision et la radio. Maudite éducation raconte dans un style incisif et puissant la découverte de soi et du sentiment amoureux. Avec Le sang et la mer, il nous fait découvrir les bidonvilles de Port au Prince où sévit un extrême dénuement. Épopée fantastique et quête initiatique, La piste des sortilèges aborde en un joyeux mélange le vaudou sous une langue drue et baroque. Portant un regard satirique sur la société haïtienne et s’attaquant aux racines des maux de l’île, dans un style novateur qui mêle imaginaire, humour et critique politique, il est l’un des romanciers contemporains les plus lus en Haïti.

Fils de diplomate, Jacques Stephen Alexis grandit dans un milieu où les discussions artistiques et le débat politique occupent une place centrale. Il étudie la médecine tout en embrassant parallèlement une carrière littéraire et fonde La Ruche, journal d'opposition. Emprisonné puis contraint à l'exil, il part à Paris. Son premier roman publié en 1955, Compère Général Soleil évoque à travers une écriture ciselée la perte de toute dignité face à l'exploitation des hommes. Son réalisme magique créole fait mouche dans Romancero aux étoiles, recueil de contes haïtiens. Fondateur du "Parti d'Entente Populaire", il tente en 1961 de rentrer de Cuba en Haïti pour organiser la lutte contre François Duvalier. Aussitôt capturé et probablement assassiné, il demeure un écrivain majeur de la littérature caribéenne et haïtienn.

Dany Laferrière, lui, est façonné par son enfance en Haïti et l’empreinte des femmes de sa famille, en particulier celle de sa grand-mère que l’on retrouvera dans nombre de ses romans. La dictature Duvalier le pousse à rejoindre le Québec où nait sa vocation d’écrivain et son premier grand succès Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer. Il écrit ce qu’il nomme une sorte d’autobiographie américaine à partir de ce premier roman qui se poursuit dans Le goût des jeunes filles, Comment conquérir l’Amérique en une seule nuit, Vers le Sud. L’interrogation de ce qu’est l’exil tient une place forte dans son œuvre. Membre de l'Académie française, Prix Médicis en 2009 pour le roman L'énigme du retour, Dany Laferrière est traduit dans le monde entier.

Yanick Lahens, née à Port-au-Prince en 1953, est une écrivaine engagée. Elle a participé par exemple à la création de la première résidence littéraire et artistique, à Port-Salut, ou encore à la création d’une bibliothèque qui porte son nom à Saint-Louis du Nord. Issue d’une famille très catholique, elle cherche aujourd’hui dans ses romans à casser les barrières entre les classes sociales, les quartiers, les ethnies. En 2014, elle obtient le Prix Femina pour son roman Bain de Lune, une belle saga familiale dans un village d’Haïti. Nous vous conseillons également Failles, un récit assez politique où elle évoque le séisme de 2010, et qui reste malheureusement d’une très grande actualité…


Jacques Roumain grandit dans une famille aisée et voyage beaucoup pendant ses études. Très engagé dans la résistance contre la présence américaine en Haïti, il fonde le parti communiste haïtien en 1934. Du fait de ses activités, il est contraint par le président Sténio Vincent à un exil de plusieurs années. Il rencontre de nombreux poètes et écrivains étrangers durant cette période. Décédé en 1944 à l’âge de 37 ans, il a surtout écrit de la poésie mais son titre le plus connu est Gouverneurs de la rosée, un roman poétique et lumineux, considéré comme un classique de la littérature antillaise, qui raconte l’union de paysans misérables contre l’oppression.

Makenzy Orcel, jeune poète et romancier de 33 ans, rédige son premier roman dans la rue après le séisme qui a ravagé Haïti en 2010. Les immortelles raconte de manière crue, presque brutale, le monde des prostituées de Port-au-Prince, l’apocalypse que représente le séisme, mais aussi la force de la vie. Remarqué par la critique, ce roman poignant écrit dans une belle langue a reçu le Prix Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres. Vous trouverez aussi quelques-uns des poèmes de Makenzy Orcel dans l’Anthologie de poésie haïtienne contemporaine dirigée par James Noël.

Peintre, musicien, poète et romancier, Frankétienne est un artiste antillais majeur, aujourd’hui âgé de 80 ans. Sous la dictature Duvalier, alors que de nombreux écrivains s’exilent, il choisit de rester en Haïti pour résister. Il est le co-fondateur du mouvement littéraire « spiraliste », qui prend naissance dans cette époque troublée. Il s’agit d’un renouvellement des formes traditionnelles d’écriture, d’un travail nouveau avec la langue, d’un autre modèle de création face à la réalité toujours en mouvement. Ultavocal, la première « spirale » de Frankétienne, est une œuvre d’art hybride qui mélange roman et poésie et qui raconte l’errance des haïtiens fuyant l’obscurantisme et la pauvreté.

Merveilleuse et inoubliable conteuse, née à Port au Prince, Mimi Barthélemy a récolté, révélé et écrit le répertoire traditionnel Haïtien, imprégné d’Afrique. Elle tricote ses contes entre créole et français. Sa langue et ses récits imagés et colorés sont sa marque de fabrique. A lire à haute voix : Le mariage de Pucette, pour connaitre le sort que cette petite puce reçu à la naissance, ou encore, l’espiègle petit conte Le lion qui avait mauvaise haleine dans lequel le lapin malin trouve un subterfuge pour échapper au roi de la forêt.

Artiste, écrivain et navigateur, Titouan Lamazou a sillonné le monde et relaté, dans ses carnets de voyages, ses rencontres. D’Haïti il célèbre, après un court rappel de l’histoire de l’ile, les artistes, les marins et l’étonnante diversité des bateaux et des cases. Dans Titouan en Haïti croquis, photos, peintures et dessins nous donnent à voir son Haïti.

Valérie Marin la Meslée est une journaliste littéraire française. Elle s’intéresse particulièrement aux cultures afro-caribéennes et a fait de nombreux voyages au Mali, au Tchad, au Sénégal… Dans Chérir Port-au-Prince, elle rend hommage à Haïti, où elle a séjourné à de nombreuses reprises entre 2007 et 2014. A travers le récit de ses voyages et de ses rencontres, elle souhaite faire connaître la vitalité et les richesses souvent ignorées de Port-au-Prince. Elle évoque les écrivains et la littérature haïtienne, qu’elle connaissait avant sa découverte de l’île, et qui la passionnent. 
Valérie Marin la Meslée sera présente à la rencontre littéraire du samedi 19 novembre, de 14h30 à 16h30, autour des auteurs haïtiens.

Nous espérons vous avoir donné envie de vous (re)plonger dans la littérature haïtienne et vous souhaitons de bonnes lectures...

 Aline, Fabienne et Agnès R.

2 commentaires:

  1. Un grand merci, je replonge dans la littérature haïtienne et vous souhaitons de bonnes lectures... 1001 fois mercis.

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  2. Un grand merci, je replonge dans la littérature haïtienne et vous souhaitons de bonnes lectures... 1001 fois mercis.

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