samedi 2 avril 2016

Retour sur... Mardi de l'histoire de l'art " Musique et peinture "

Comment représenter un son en peinture ? Telle était la gageure du conférencier Frédéric Dronne pour ce mardi de l’histoire de l’art consacré à la musique en peinture.

Voici quelques œuvres que vous pourrez retrouver au Louvre, au Centre Georges Pompidou, au Musée d’art moderne de la ville de Paris, à l’Opéra Garnier et bien entendu dans les collections de la Médiathèque dédiées aux beaux-arts !

Les liens entre musique et peinture sont nés des conceptions artistiques des sociétés intellectuelles de la Grèce ancienne : ils sont déjà inscrits dans les reliefs du Sarcophage des neuf Muses et dans les chants épiques du théâtre grec d’Homère, peint ici par Auguste Leloir. 


Sarcophage des Muses (IIe s.)

Homère (1827) , Auguste Leloir

La musique étant rattachée au sacré, la peinture religieuse nous offre elle aussi des exemples intéressants telle que la toile de Domenico Zampieri Sainte Cécile avec un ange tenant une partition représentant la patronne des musiciens.

Sainte Cécile avec un ange tenant une partition (vers 1617-1618), Domenico Zampieri

Mais on ne peut parler de musique sans évoquer l’ouïe que les peintres ont souvent associée au charme et à la séduction, comme en témoignent par exemple Orphée descendu aux enfers pour demander Eurydice de Jean Restout ou Le bouffon au luth de Franz Hals.


Orphée descendu aux enfers pour demander Eurydice (1763), Jean Restout

Le bouffon au luth (vers 1624-1626), Frans Hals


Certains artistes, comme le flamand Pieter Boel dans Allégorie des vanités du monde, se sont attachés à mettre en garde contre le pouvoir du musicien et les attraits du chant. En effet, symbolisée par le luth, la musique est représentée parmi l’accumulation pyramidale d’autres objets (représentant la gloire, les pouvoirs politiques et religieux, la connaissance) surplombée par un crâne rappelant la vacuité de l’existence humaine.


Allégorie des vanités du monde (1633), Peter Boel 


La musique reflète également la société ; si Le Caravage dans Les musiciens met en avant sa fonction sociale, Johannes Vermeer à travers son œuvre Jeune fille jouant du virginal souligne un attribut de la bonne éducation au XVIIème siècle. 


Les musiciens (1595), Le Caravage

Jeune femme jouant du virginal (vers 1673-1675), Johannes Vermeer 


Deux siècles plus tard avec Degas on se rapproche cette fois du son en tant que tel : dans L’orchestre de Paris, l’artiste nous donne à voir les musiciens de la fosse habituellement invisibles des spectateurs. Traités de manière très réaliste ceux-ci semblent être photographiés (ce qui révèle d’ailleurs l’influence de cette nouvelle technique sur le peintre). En 1964, Chagall quant à lui va offrir à la grande salle de l’opéra Garnier un plafond représentant des musiciens qui n’y ont jamais joué ainsi que ses compositeurs favoris. Cette immense fresque nous parle donc des opéras de Stravinsky, Debussy, Gluck, Verdi etc. dont les airs emplissent les murs. 

L'orchestre de l'Opéra (vers 1870), Edgar Degas

Plafond de l'Opéra Garnier (1964), Marc Chagall


Kupka et le vingtième siècle renouvèlent la manière de mettre la musique en peinture. Le futurisme et l’abstraction cherchent à représenter le son, la lumière, le mouvement, la pulsation lumineuse. On peut alors voir la couleur d’un son avec Disques de Newton. Etude d’une fugue en deux couleurs de Kupka. Le peintre français Picabia dans Udnie associe la musique et la danse (et donc le son et le mouvement) ; Delaunay quant à lui avec Rythme n°1 crée l’illusion d’un mouvement, d’un rythme. 


Disques de Newton. Etude d’une fugue en deux couleurs (1911-1912), Kupka

Udnie (1913), Francis Picadia

Rythme n°1 (1938), Robert Delaunay


Plus proche de nous, le photographe Jesùs Rafael Soto immortalise, dans les photos de son installation Pénétrable sonore, le mouvement du spectateur parmi les tubes sonores.


Pénétrable BBL Bleu (1969), Jesùs Rafael Soto


Ces quelques exemples reflètent la richesse de cette soirée qui a montré que ces deux arts associés sont de véritables sources de plaisir ! Le prochain Mardi de l'histoire de l'art aura lieu le 12 avril et aura pour thème " Le bois en architecture ".


Quelques propositions pour approfondir davantage le sujet :

A écouter et voir : la tentative musicale d’Yves Klein dans Symphonie monotone-silence.




À voir : la composition de Bernar Venet, Mur du son, créée au goudron à partir de l’enregistrement sonore des moteurs du Concorde.

À lire ou relire : l’histoire d’Orphée et Eurydice dans les Métamorphoses d’Ovide.

À écouter : la version musicale humoristique d'Orphée aux enfers de Jacques Offenbach.



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